Une hernie discale au niveau de la colonne lombaire est la forme la plus courante de hernie discale. Dans ce cas, le tissu discal peut exercer une pression sur les nerfs et provoquer des douleurs de type sciatique qui irradient des fesses vers la jambe jusqu’au pied. Dans la plupart des cas, les symptômes s'atténuent en quelques semaines grâce à un traitement conservateur. Ce n'est que si les symptômes persistent ou si des déficits neurologiques apparaissent qu'une intervention microchirurgicale devient nécessaire, apportant un soulagement rapide à environ 95 % des patients.

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Qu'est-ce qu'une hernie discale ?

Une hernie discale se caractérise par des déchirures dans l'anneau fibreux externe du disque intervertébral (anneau fibreux). Cela peut entraîner la protrusion de parties du noyau pulpeux (nucleus pulposus) dans le canal rachidien. Ce tissu peut comprimer les nerfs ou la moelle épinière et provoquer des symptômes correspondants.

Comme aucun mécanisme de réparation propre à l'organisme n'intervient au niveau de l'espace discal, une dégénérescence déjà avancée ne peut pas guérir complètement de manière spontanée.

Fréquentes – mais nécessitant rarement une intervention chirurgicale

Les troubles discaux de la colonne lombaire sont fréquents, mais ne nécessitent que rarement une intervention chirurgicale. Plus de 90 % des protubérances ou hernies discales accompagnées de douleurs irradiant dans la jambe s’améliorent grâce à un traitement conservateur. Celui-ci comprend :

  • Repos et chaleur
  • les analgésiques
  • une position de repos
  • la physiothérapie
  • des infiltrations ciblées

Distinction par rapport au «lumbago»

Il est important de faire la distinction avec la simple douleur dorsale (lombalgie). Celle-ci résulte généralement d’une irritation des articulations vertébrales ou des structures ligamentaires et ne provoque aucune douleur dans la jambe.

Dans ces cas, le repos est moins important. Au contraire : l'activité physique est un élément central du traitement et favorise une guérison plus rapide.

La patience est souvent récompensée

Dans la mesure du possible, nous recommandons en premier lieu un traitement conservateur de 6 à 12 semaines en cas de hernie discale. Souvent, les symptômes ne s'améliorent nettement qu'au cours de la seconde moitié de cette période. Il vaut donc la peine de poursuivre le traitement avec assiduité.

Quelle est la cause d'une hernie discale ?

Une hernie discale est la conséquence du vieillissement et de l'usure de la colonne vertébrale, qui commencent dès l'âge de 20 ans. La fréquence de cette affection augmente continuellement jusqu'à l'âge de 45 ans, puis diminue légèrement. 2 à 3 % de la population souffre au cours de sa vie d'une hernie discale lombaire qui provoque des douleurs.

Un travail physique pénible, des sollicitations inappropriées et des facteurs génétiques favorisent ces processus d'usure et ces modifications dégénératives. 

Des facteurs de risque supplémentaires, tels que le tabagisme, jouent également un rôle important.

Quels sont les symptômes les plus courants d'une hernie discale lombaire ?

Les hernies discales surviennent le plus souvent entre la 4e et la 5e vertèbre lombaire (L4/L5) ainsi qu'entre la 5e vertèbre lombaire et le sacrum (L5/S1). C'est dans ces zones que les disques intervertébraux sont soumis aux contraintes mécaniques les plus importantes.

Selon la direction dans laquelle le matériel discal fait saillie ou s'échappe, c'est soit la racine nerveuse qui sort, soit la racine nerveuse située en dessous dans le canal rachidien qui peut être touchée. La pression exercée sur les nerfs provoque des irritations ou des troubles fonctionnels.

Les symptômes typiques sont les suivants :

  • Douleurs irradiantes du bas du dos vers les fesses et la jambe jusqu'au pied (douleurs sciatiques)
  • Troubles sensoriels tels que fourmillements ou engourdissements
  • Faiblesse musculaire ou paralysies dans la jambe touchée
  • Souvent accompagnées de douleurs dorsales au niveau de la colonne lombaire (lombosciatique)

Comme chaque racine nerveuse innerve une zone cutanée (dermatome) et une zone musculaire (myotome) spécifiques, les symptômes permettent souvent de déterminer avec une relative précision la racine nerveuse touchée.

Localisation de la lésion en fonction des symptômes

Les signes typiques au niveau des racines nerveuses sont les suivants :

  • L4 : douleur dans la cuisse descendant jusqu'au genou, engourdissement à l'avant de la cuisse et à l'intérieur de la jambe, manque de force pour monter les escaliers (extenseurs du genou).
  • L5 : douleur dans les fesses et sur le bord externe de la cuisse jusqu'au pied, engourdissement au niveau du gros orteil, faiblesse du muscle releveur du pied, en particulier du releveur du gros orteil (position sur la pointe des pieds).
  • S1 : Douleur dans les fesses et à l'arrière de la jambe jusqu'au pied, engourdissement sur le bord externe du pied et au petit orteil, faiblesse du fléchisseur du pied (position sur la pointe des orteils).

Complication rare mais grave : le syndrome de la queue de cheval

En cas de hernies discales très importantes, plusieurs racines nerveuses peuvent être comprimées simultanément dans le canal rachidien. Ce tableau clinique est appelé syndrome de la queue de cheval.

Les signes avant-coureurs typiques peuvent être les suivants :

  • Troubles de la fonction vésicale ou intestinale
  • Sensation d'engourdissement au niveau des fesses ou de la région génitale
  • Faiblesse dans les deux jambes

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence neurochirurgicale. Après confirmation radiologique, il faut opérer rapidement afin d'éviter autant que possible des lésions nerveuses irréversibles et des déficits fonctionnels permanents.

Comment diagnostique-t-on une hernie discale lombaire ?

Une anamnèse détaillée et un examen clinique minutieux sont essentiels pour la première évaluation des troubles de la colonne lombaire. Si les douleurs dorsales surviennent sans autres symptômes, il est possible dans un premier temps de se passer d'un examen d'imagerie. Dans la plupart des cas, un traitement conservateur suffit, car les symptômes s'atténuent souvent en l'espace de quelques semaines.

Toutefois, si les douleurs persistent ou si des déficits neurologiques apparaissent, un examen d'imagerie est nécessaire. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est la méthode de choix dans ce cas, car elle permet de visualiser particulièrement bien les disques intervertébraux et les racines nerveuses.

Ce n'est que dans de rares cas particuliers que des examens complémentaires tels que des tests électrophysiologiques ou une myélographie par tomodensitométrie sont nécessaires.

Comment se déroule l'intervention chirurgicale ?

Une intervention chirurgicale est recommandée lorsque les douleurs sont très intenses, une faiblesse musculaire apparaît ou le traitement conservateur n'apporte pas d'amélioration suffisante.

L'intervention dure généralement 15 à 45 minutes et s'effectue via une petite incision cutanée d'environ 2 à 3 cm. L'accès au disque intervertébral se fait le plus souvent à l'aide d'un petit tube spécial (accès tubulaire). L'opération est réalisée en microchirurgie sous microscope opératoire. Cette technique permet une intervention précise et préservant les tissus, avec un accès réduit et une bonne visibilité sur les structures nerveuses concernées.

Après l’opération, vous serez pris en charge rapidement par nos kinésithérapeutes. De plus, vous recevrez une brochure contenant des exercices et des recommandations pour la période suivant votre sortie.

La durée d’hospitalisation est généralement de 2 à 3 jours. Dans certains cas, l’intervention peut également être réalisée en ambulatoire.

Perspectives de réussite de l'opération

L'ablation microchirurgicale d'une hernie discale est l'intervention chirurgicale la plus courante au niveau de la colonne lombaire et une technique bien établie en neurochirurgie depuis de nombreuses années.

Chez environ 95 % des patients, on observe une amélioration rapide des symptômes. Dans 5 à 20 % des cas, une nouvelle hernie discale peut toutefois survenir si du tissu discal s'échappe à nouveau dans le canal rachidien. Le risque dépend principalement de la taille de la déchirure dans l'anneau fibreux du disque et moins du fait que le premier traitement ait été conservateur ou chirurgical.

En cas de récidive, la suite du traitement est discutée au cas par cas. Les options vont d’une nouvelle intervention microchirurgicale mini-invasive à des techniques de stabilisation telles que la fusion de deux corps vertébraux, en particulier en cas de récidives répétées.

Notre expérience à l'Inselspital

Au Centre du dos de l'Inselspital, des spécialistes de différentes disciplines travaillent en étroite collaboration. Parmi celles-ci figurent notamment la neurochirurgie, l'orthopédie, la neurologie, la rhumatologie, la neuroradiologie, la physiothérapie et le centre de la douleur.

Cette collaboration interdisciplinaire permet d'élaborer une stratégie thérapeutique personnalisée pour chaque patient. Les cas complexes sont discutés au sein d’un comité interdisciplinaire et, si nécessaire, opérés conjointement par des neurochirurgiens et des orthopédistes.

L’ablation microchirurgicale mini-invasive d’une hernie discale visant à soulager un nerf coincé fait partie des interventions les plus courantes dans notre clinique et peut, dans certains cas, être réalisée en ambulatoire.

Des études montrent qu'une intervention chirurgicale en cas de symptômes persistants après 6 à 12 semaines de traitement conservateur peut souvent conduire à une amélioration plus rapide  *, *. Il n’en reste pas moins que la plupart des hernies discales peuvent être traitées sans intervention chirurgicale.

Nos infirmières et infirmiers ainsi que nos physiothérapeutes disposent d’une grande expérience dans la prise en charge après une hernie discale. Ils accompagnent les patients dès leur séjour à l’hôpital et les préparent à la période qui suivra.

Comme le bon comportement au quotidien joue un rôle important dans le rétablissement, nous mettons du matériel d’information à la disposition de nos patients, notamment :

  • des conseils pour soulever et porter correctement
  • des exercices de rééducation du dos
  • une vidéo avec des recommandations pour la période postopératoire

 

Références

  1. Lurie JD, Tosteson TD, Tosteson AN et al. Surgical versus nonoperative treatment for lumbar disc herniation: eight-year results for the spine patient outcomes research trial. Spine (Phila Pa 1976). 2014;39:3-16.

  2. Bailey CS, Rasoulinejad P, Taylor D et al. Surgery versus Conservative Care for Persistent Sciatica Lasting 4 to 12 Months. N Engl J Med. 2020;382:1093-1102.

Littérature complémentaire

  1. Weinstein JN, Lurie JD, Tosteson TD et al. Surgical vs nonoperative treatment for lumbar disk herniation: the Spine Patient Outcomes Research Trial (SPORT) observational cohort. JAMA. 2006;296:2451-2459.
  2. Vialle LR, Vialle EN, Suárez Henao JE, Giraldo G. LUMBAR DISC HERNIATION. Rev Bras Ortop. 2010;45:17-22.
  3. Heindel P, Tuchman A, Hsieh PC et al. Reoperation Rates After Single-level Lumbar Discectomy. Spine (Phila Pa 1976). 2017;42:E496-E501.